Le concept de liberté est un sujet rebattu dont les premiers mots me font bâiller. L'expérience physique de la liberté, c'est autre chose.
On devrait toujours avoir quelque chose à fuir, pour cultiver en soi cette possibilité merveilleuse. D'ailleurs, on a toujours quelque chose à fuir. Ne serait-ce que soi-même.
La bonne nouvelle, c'est que l'ont peut échapper à soi-même. Ce que l'ont fuit de soi, c'est la petite prison que la sédentarité installe n'importe où. On prend ses cliques et ses claques et on s'en va : le moi est tellement étonné qu'il oublie de jouer les geôliers. On peut se semer comme on sèmerait des poursuivants. [...]Peu glorieuse, la fuite ? C'est pourtant mieux que de se laisser attraper. Le seul déshonneur, c'est de ne pas être libre. »
